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1- Suppression des devoirs à la maison ou en étude
Principes
Des études récentes sur les problèmes relatifs
à l'efficacité du travail scolaire dans ses rapports
avec la santé des enfants ont mis en évidence l'excès
du travail écrit généralement exigé
des élèves. En effet, le développement normal
physiologique et intellectuel d'un enfant de moins de onze ans
s'accomode mal d'une journée de travail trop longue. Six
heures de classe bien employées constituent un maximum
au-delà duquel un supplément de travail soutenu
ne peut qu'apporter une fatigue préjudiciable à
la santé physique et à l'équilibre nerveux
des enfants. Enfin le travail écrit fait hors de la classe,
hors de la présence du maître et dans des conditions
matérielles et psychologiques souvent mauvaises, ne présente
qu'un intérêt éducatif limité.
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En conséquence, aucun devoir
écrit, soit obligatoire, soit facultatif, ne sera demandé
aux élèves hors de la classe. Cette prescription
a un caractère impératif et les inspecteurs départementaux
de l'enseignement du premier degré sont invités
à veiller à son application stricte. |
Elle ne doit entrainer ni la suppression pure et simple des devoirs, ni une détérioration de l'enseignement des disciplines principales. Elle doit par ailleurs être effective et contrôlable.
Les dispositions suivantes ont pour objet de répondre
à cette triple obligation :
1° Des devoirs continueront à être donnés.
Il convient de noter que le mot devoir doit être
entendu dans sa définition courante. Le "devoir"
se distingue de "l'exercice" en ce que, tandis que celui-ci
permet de s'assurer sur-le-champ si une leçon a été
comprise, celui-là permet, en outre, de mesurer l'acquis
de l'élève et de contrôler ses qualités
de réflexion, d'imagination et de jugement. Il exige de
l'enfant un effort personnel et soutenu, une mise en forme et
"au propre" utiles à sa formation, à celle
de son esprit comme à celle de son caractère; il
ne saurait être question de le priver des bénéfices
qu'il peut en retirer. La longueur du devoir sera évidemment
réglée selon le temps dont l'élève
disposera pour le faire, recopie soignée comprise.
2° Dès maintenant, les devoirs portent essentiellement
sur les disciplines principales. Il continuera à en être
ainsi et si une petite partie du temps réservé sera
employée à l'exécution de croquis géographiques,
de dessins relatifs aux leçons d'observation, de lignes
d'écriture, etc, la part de beaucoup la plus importante
sera réservée à l'étude du français
et du calcul. Ces disciplines conserveront ainsi et renforceront
encore leur position dominante dans l'enseignement primaire élémentaire.
3° Ces devoirs, qu'on ne fera plus hors de la classe,
c'est pendant la classe qu'ils seront faits. Dans quelles
conditions et à quels moments ? Il est évident tout
d'abord qu'un régime différent sera institué
s'il s'agit de classes homagènes ou bien de classes à
plusieurs cours. Dans celles-ci l'obligation où se trouve
le maître d'occuper une division pendant que son attention
s'attache à une autre a pour conséquence d'ouvrir
au travail écrit des possibilités et du temps qui
rendent facile l'exécution des devoirs.
Dans les classes homogènes où chaque minute a pour
pour chaque élève son emploi, il fallait trouver
ces possibilités et ce temps. Les horaires ont été
à cette fin allégés et redistribués.
Les heures disponibles ainsi obtenues, il m'est apparu qu'il convenait
de les répartir de manière, d'une part, à
ne pas rompre le déroulement de la classe, et d'autre part,
à marquer leur caractère propre de telle sorte que
l'élève ait le sentiment d'être appelé
à un effort personnel et autonome, d'accoplir un devoir
au sens plein et traditionnel du mot. C'est pour satisfaire cette
double exigence que chaque séance s'une demi-journée
comportera à un moment qui pourra varier selon les nécessités
de l'emploi du temps, mais qui aura sa place marquée dans
l'horaire, une demi-heure consacrée à l'élaboration
des devoirs sous le contrôle actif et vigilant du maître.
4° Ces devoirs que l'on fait désormais en classe seront
corrigés en classe. Cela ne dispense pas le maître
de reprendre après la classe les cahiers des élèves
pour noter les exercices et s'assurer qu'il n'a pas commis d'erreurs
dans ses corrections. Mais on ne saurait trop insister sur les
bénéfices que retire l'enfant d'un contrôle
qu'il est appelé à faire lui-même de son propre
travail. Quant au maître, si au cours de l'élaboration
son intervention, sans cesser d'être active, doit rester
discrète, la correction lui permettra de savoir si ses
leçons ont porté, si les notions ont été
assimilées, si les règles ont été
comprises. La correction d'un devoir, pour être éducative,
doit suivre immédiatement son exécution. Le temps
affermit les acquisitions de l'esprit, les mauvaises comme les
bonnes et il faut éviter l'enracinement des erreurs.
Ces dispositifs sont d'ailleurs conformes aux prescriptions de
l'arrêté organique de 1887 qui disait : "La
correction des devoirs et la récitation des leçons
ont lieu pendant les heures de classe auxquelles se rapportent
ces devoirs et ces leçons. Dans la règle, les devoirs
sont corrigés au tableau noir en même temps que se
fait la visite des cahiers."
Cahier de devoirs
Il est indispensable de réunir dans un même cahier - le cahier de devoir du jour - les exercices écrits de la journée. Ce cahier, une fois terminé, sera communiqué aux familles, qui seront ainsi tenues au courant du travail de leur enfant, de ses progrès, de ses faiblesses...
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Les circulaires du 28 janvier 1958, du 17
décembre 1964, du 28 janvier 1971 rappellent cette première
circulaire interdisant les devoirs écrits à la maison.
En 1996, le Ministre F. Bayrou rappellera l'interdiction à
nouveau. Sans plus de succès : à l'école
primaire près de 70% des enseignants déclarent donner
tous les jours du travail à leurs élèves.